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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 17:29

Manager ou servir. Les services publics aux prises avec le nouveau management public. Coordination E. Bechtold-Rognon et T. Lamarche, 2011, Editions Syllepse et IRU, 143 p, 8 euros.

http://www.decitre.fr/gi/19/9782849503119FS.gifManager ou servir est le dernier ouvrage publié par l’Institut de la FSU. La thèse centrale défendue est simple : le nouveau management public (NMP) gagne du terrain dans tous les secteurs de l’Etat Providence (éducation, santé, justice,…). Il fait plusieurs ravages : il réduit les moyens alloués au secteur public, dégrade l’offre et la qualité du service proposé aux usagers, place les différents services publics de proximité en situation de concurrence, concurrence élargie avec le développement d’entités privées (cliniques, établissements privés, …), enfin, il déstabilise des professions entières en les soumettant notamment à la pression de l’évaluation – forme de défiance généralisée - créant de la souffrance chez les agents.

Les mots clé qui caractérisent le NMP importé des pays anglo-saxons et inspiré par les politiques néolibérales sont : asphyxie des moyens, évaluation généralisée, concurrence et destruction des professions. On l’aura compris l’ouvrage est un livre de combat. La thèse défendue a le mérite d’être claire, les contributions sont toutefois moins homogènes.

Si les chercheurs essaient de comprendre les mutations en cours en s’appuyant sur des travaux scientifiques, les acteurs engagés préfèrent les arguments d’autorité ou dénoncer les cadres qui relaient sur le terrain ces politiques. Ainsi, pour Denis Paget (1) – ex responsable du SNES - les chefs d’établissement seraient recrutés majoritairement parmi les enseignants qui ont fui le métier, seraient enfermés dans leur tour d’ivoire et auraient aujourd’hui gagner le pouvoir de faire « les carrières » (2). L’autoritarisme local et l’absence de transparence deviendraient la règle.

L’outrance de certains propos et une présentation contraire aux observations du terrain (3) associée à l’incapacité d’interroger la responsabilité des organisations syndicales et des acteurs eux-mêmes dans les résultats qui ont conduit à la mise en place de nouvelles politiques publiques interroge le lecteur soucieux de faire aussi la critique de la critique. Néanmoins, il est difficile de ne pas partager certaines conclusions : la réduction des moyens alloués au service public et la mise en concurrence des entités voire des professionnels ne peuvent pas, d’évidence, déboucher sur une amélioration du service rendu aux usagers. Le service public n’est pas un réseau d’entreprises dont on peut mesurer facilement et à court terme les résultats, la recherche de l’efficacité - si elle est nécessaire et conforme aux exigences démocratiques consistant à rendre compte et rendre des comptes aux citoyens - doit être subordonnée à la promotion des valeurs du service public…et c’est sur ce dernier point qu’il y a un véritable travail politique à conduire : quelles sont aujourd’hui les valeurs du service public ?

Institut de recherche de la FSU

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Par Jean-Marc ROBIN
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